Le recours à la visioconférence pour les réunions du CSE est prévu par l’article L. 2315-4 du Code du travail. Il peut être autorisé par un accord entre l’employeur et les élus. En l’absence d’accord, il est limité à trois réunions par année civile.
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Depuis la pandémie de Covid-19, les réunions du comité social et économique en visioconférence sont devenues une pratique courante. Elles offrent davantage de flexibilité, réduisent les déplacements et permettent aux élus de participer à distance.
Cette organisation présente toutefois certaines limites. Une mauvaise connexion, une maîtrise insuffisante des outils numériques ou des difficultés à prendre la parole peuvent perturber les échanges. La confidentialité des informations et le bon déroulement des votes doivent également être préservés.
Le recours à la visioconférence pour les réunions du CSE est donc possible, mais il doit respecter un cadre légal et des conditions techniques précises.
Réunions du CSE en visioconférence : quels avantages et quelles limites ?
Pour les élus du CSE, la visioconférence présente à la fois des avantages pratiques et des points de vigilance.
Témoignage d’un Élu du CSE : “Au début, c’était un peu chaotique”, confie Jean Dupont, élu du CSE dans une entreprise de la région parisienne. “Mais avec le temps, nous avons appris à mieux utiliser les outils de visioconférence. Aujourd’hui, nos réunions sont plus efficaces et nous pouvons participer même si nous sommes en déplacement.”
Les avantages de la visioconférence pour les élus du CSE
La visioconférence permet tout d’abord de limiter les déplacements et de faciliter l’organisation des réunions. Les élus peuvent participer depuis différents établissements ou depuis un autre lieu lorsqu’ils sont en déplacement.
Ce format peut également faciliter la présence d’intervenants extérieurs, comme un expert, un avocat, le médecin du travail ou un représentant d’un service de prévention.
Lorsqu’elle est correctement préparée, la visioconférence peut ainsi contribuer à améliorer la disponibilité des membres et à faciliter la tenue des réunions du CSE.
Les difficultés liées aux réunions à distance
La visioconférence peut néanmoins rendre les échanges moins spontanés. Il est parfois plus difficile de créer un climat de confiance, de repérer les réactions des participants ou de favoriser les discussions informelles.
Des problèmes techniques peuvent également perturber la réunion :
- connexion internet instable
- coupures du son ou de l’image
- difficultés d’accès à la plateforme
- matériel insuffisant
- mauvaise maîtrise de l’outil utilisé.
Ces incidents peuvent empêcher un élu de suivre les débats, de prendre la parole ou de participer à un vote. La confidentialité des échanges peut aussi être fragilisée lorsque l’outil n’est pas suffisamment sécurisé ou lorsque les participants se connectent depuis un espace partagé.
Quel est le cadre légal des réunions du CSE en visioconférence ?
Le recours à la visioconférence pour réunir le CSE est encadré par le Code du travail.
Un accord ou une limite de trois réunions par an
L’article L. 2315-4 du Code du travail prévoit que le recours à la visioconférence peut être autorisé par un accord entre l’employeur et les membres élus de la délégation du personnel du CSE.
Cet accord peut notamment définir le nombre de réunions organisées à distance et les modalités pratiques retenues.
En l’absence d’accord, le recours à la visioconférence est limité à trois réunions par année civile.
Cette limite concerne les réunions organisées en visioconférence sans accord préalable. Un accord peut donc prévoir un nombre de réunions à distance plus important.
Quelles conditions techniques doivent être respectées ?
Les articles D. 2315-1 et suivants du Code du travail précisent que le dispositif de visioconférence doit garantir :
- l’identification des membres du comité
- leur participation effective à la réunion
- la retransmission continue et simultanée du son et de l’image des délibérations
- la confidentialité du vote et des données transmises.
Les conditions techniques retenues doivent ainsi permettre à chaque élu du CSE de suivre les débats, de prendre la parole et de participer aux délibérations dans de bonnes conditions.
Les élus doivent être informés des modalités de la visioconférence
Le Code du travail précise également que les membres du CSE doivent être informés des modalités de mise en œuvre de la visioconférence.
Ils doivent notamment connaître les conditions de connexion, l’outil utilisé et les règles prévues pour assurer le déroulement de la réunion. Les moyens techniques doivent garantir la qualité de la communication et la participation effective de l’ensemble des élus.
Réunions du CSE en visioconférence : l’avis des juges
La jurisprudence commence à se dessiner autour de l’organisation des réunions du CSE en visioconférence. Les décisions citées rappellent notamment l’importance des conditions techniques et du respect des droits des élus.
Des conditions de participation équivalentes au présentiel
La Cour de cassation a statué que les réunions en visioconférence doivent garantir les mêmes conditions de participation et de délibération que les réunions organisées en présentiel.
Dans un arrêt du 10 juillet 2019, certains élus avaient contesté la validité d’une réunion en visioconférence en raison d’insuffisances techniques et organisationnelles. Ces difficultés avaient conduit à l’annulation de la réunion.
Cour de cassation, chambre sociale, 10 juillet 2019, n° 17-28.767.
L’importance des conditions techniques
La Cour de cassation a également souligné l’importance des conditions techniques pour garantir le bon déroulement des réunions du CSE en visioconférence.
Dans une décision du 13 janvier 2021, les élus avaient contesté la qualité du dispositif technique mis à leur disposition. Les insuffisances constatées avaient conduit à l’annulation de la réunion.
Cour de cassation, chambre sociale, 13 janvier 2021, n° 19-17.199.
Le respect du droit d’expression des élus
La Cour de cassation a enfin insisté sur la nécessité de respecter le droit des élus à s’exprimer librement et à participer aux délibérations de manière transparente.
L’organisation d’une réunion à distance ne doit donc pas empêcher un élu de prendre la parole, de suivre les échanges ou de participer effectivement aux décisions du comité.
Cour de cassation, chambre sociale, 27 novembre 2019, n° 18-10.044.
Que faire en cas de problème technique pendant une réunion du CSE ?
Les problèmes techniques rencontrés pendant une réunion du CSE, qu’elle soit organisée en présentiel ou en visioconférence, peuvent perturber le bon déroulement des débats et porter atteinte aux droits des élus.
Une coupure de connexion, une mauvaise qualité du son ou de l’image, ou encore l’impossibilité pour un membre de prendre la parole peuvent l’empêcher de participer pleinement aux échanges et aux délibérations. Il est donc important de connaître les solutions possibles dans de telles situations.
Les recours possibles pour les élus du CSE
En cas de problème technique pendant une réunion, les élus disposent de plusieurs moyens pour faire valoir leurs droits. Ils peuvent notamment :
- demander une suspension ou une interruption de la réunion lorsque les difficultés techniques sont trop importantes
- demander le report de la réunion, ou de certains points inscrits à l’ordre du jour, si les problèmes ne peuvent pas être résolus rapidement
- faire mentionner précisément dans le procès-verbal les difficultés rencontrées et leurs conséquences sur les échanges, les délibérations ou les votes
- conserver les éléments permettant d’établir la réalité du problème technique
- envisager un recours devant la juridiction compétente lorsque l’incident a porté atteinte aux droits des élus et qu’aucune solution n’a pu être trouvée avec l’employeur.
Le procès-verbal de la réunion doit retracer la teneur des débats et les avis formulés. Il peut donc préciser la nature du problème rencontré, sa durée, les participants concernés et ses conséquences sur le déroulement de la réunion.
Évaluer les conséquences du problème technique
La réponse apportée doit être adaptée à la gravité de l’incident. Une coupure très courte, rapidement résolue et sans conséquence sur les échanges, ne justifie pas nécessairement le report de toute la réunion.
En revanche, la situation doit faire l’objet d’une attention particulière lorsqu’un problème technique :
- empêche durablement un élu de suivre les débats
- rend la prise de parole impossible
- perturbe la compréhension des documents présentés
- empêche un membre de participer à un vote
- se répète au cours de plusieurs réunions
- n’entraîne aucune réaction ou solution de la part de l’employeur.
Les éléments à prendre en compte sont donc la gravité et la fréquence des difficultés, leur impact réel sur le déroulement de la réunion ainsi que les mesures prises par l’employeur pour y remédier.
Plus le problème porte atteinte à la participation effective des élus, plus il est important de le signaler, de demander une solution immédiate et d’en conserver une trace écrite.
Conclusion
Les réunions du CSE en visioconférence offrent de nouvelles possibilités pour faciliter la participation des élus, limiter les déplacements et simplifier l’organisation des échanges.
Elles doivent toutefois être préparées avec rigueur. Les conditions techniques doivent permettre à chaque membre d’être identifié, de suivre les débats, de prendre la parole et de participer aux délibérations dans les mêmes conditions que les autres élus.
La réalisation de tests de connexion, l’utilisation d’un outil sécurisé, la transmission en amont des modalités pratiques et la désignation d’un modérateur permettent de prévenir une grande partie des difficultés.
En adoptant ces bonnes pratiques, l’employeur et les membres du CSE peuvent profiter des avantages de la visioconférence tout en préservant la qualité du dialogue social et les droits des élus.
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FAQ
Combien de réunions du CSE peuvent être organisées en visioconférence ?
Un accord entre l’employeur et les élus peut définir le nombre de réunions organisées en visioconférence. En l’absence d’accord, le recours à ce format est limité à trois réunions par année civile.
L’employeur peut-il organiser une réunion du CSE en visioconférence sans accord ?
Oui, mais en l’absence d’accord avec les membres élus du CSE, il ne peut recourir à la visioconférence que pour trois réunions au maximum par année civile.
Peut-on organiser un vote secret en visioconférence ?
Oui. Le dispositif utilisé doit garantir qu’aucun lien ne puisse être établi entre l’identité de l’électeur et le contenu de son vote. En cas de vote électronique, la confidentialité et la sécurité des données doivent également être assurées.